• Passionnément Gainsbourg de Karin Hann

    Passionnément Gainsbourg de Karin Hann

     

     

     

    J'avoue J'en ai Bavé Pas vous mon amour...

     

     

     

     

     

    Mon avis : 

    Je remercie Babelio et les Editions du Rocher pour ce livre hommage au poète maudit que fut Serge Gainsbourg. L'auteur a pris le parti de nous parler de l'artiste en se concentrant sur ses mots, ses poèmes qu'il a mis en chanson. Sur les influences assumées telles que Rimbaud ou Verlaine, mais aussi Baudelaire ou Mallarmé, sur les compositeurs classiques tels que Beethoven, Chopin ou Brahms.

    Serge Gainsbourg avait le talent pour déconstruire et reconstruire le travail de ses aînés, comme l'auteur le souligne il est davantage un poète qui a mis ses textes en musique qu'un musicien qui aurait écrit ses chansons. Il excellait dans la souffrance, les sentiments joyeux ne l'aidaient pas dans son processus de création. Pour citer Musset : " les plus désespérés sont les chants les plus beaux Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots".

    Sorry Angel, Sorry So... Gainsbourg complexait sur son physique, il attirait pourtant les femmes les plus belles Bardot, Birkin, Bambou les 3 B. Il est nécessaire de rappeler qu'il a grandi dans un contexte difficile : les Juifs sont traqués, niés dans leur identité, déportés, tués. Sa mère ne souhaitait pas cette grossesse, il est venu au monde avec une soeur jumelle mais non désiré ; sa timidité excessive l'empêchait de se lier aux autres ; les Juifs ont été représentés comme des vampires à longue barbe, au nez crochu et aux doigts semblables à des serres d'oiseau de proie. Son nez busqué et ses oreilles décollées ainsi que ses traits saillants se rapprochent de cette représentation, ce qui lui procure un sentiment de peur, de méfiance, il se construit sur cette ambiance de haine.

    Je suis venu te dire que je m'en vais... relate non pas l'histoire d'une rupture mais celle d'un deuil. La chanson a été composée après son premier infarctus alors qu'il imagine la peine de Jane. Pour autant Serge de part ses complexes redoutait que ses femmes ne le quittent. En 1975 alors qu'il est avec Jane le thème de la rupture est de plus en plus présent, il écrit "Comme un boomerang" pour la chanteuse Dani. Sache que ce coeur exsangue Pourrait un jour s'arrêter Si comme un boomerang Tu n'reviens pas me chercher...

    Gainsbourg est timide, Gainsbarre est provoc', sa gémellité a produit une personnalité apte à affronter les médias, le succès, le show biz... mais Gainsbarre a eu raison de Gainsbourg, ses démons, ses peurs ont pris le dessus.

    Cette lecture est empreinte de nostalgie, j'ai grandi avec de nombreux groupes musicaux britanniques qui n'étaient pas de ma génération, mais j'ai grandi aussi avec Serge Gainsbourg et ses chansons font partie de moi. Je ferme cet ouvrage avec une certaine mélancolie, rappel de souvenirs de mon père qui aimait lui aussi énormément l'artiste, qui se plaisait à le prendre comme modèle. Gainsbourg c'est un souvenir doux-amer, c'est une partie de mon âme... j'avoue j'en ai bavé pas vous...

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  • Commentaires

    1
    Samedi 26 Mars 2016 à 20:50

    Ah les souvenirs... <3

    Il doit être sympa à lire ce livre. Je comprend mieux que tu ais voulu le lire.

      • Samedi 26 Mars 2016 à 21:00

        Oui personnellement il me touche énormément. Je ne pouvais pas attendre de le lire, je l'attendais depuis un moment ;) 

      • Samedi 26 Mars 2016 à 22:03

        Tu as été patiente ! happy

      • Samedi 26 Mars 2016 à 22:55

        Oui ;) 

         

    2
    Alex N.
    Samedi 26 Mars 2016 à 21:41
    Une chronique qui laisse transparaître de l'émotion, tes émotions m'émeut... Très belle chronique. Bravo. ❤
      • Samedi 26 Mars 2016 à 22:54

        Merci, je peux pas faire le coeur moi ;) <3 Oui beaucoup d'émotion à la lecture et en faisant cette chronique. 

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